samedi 8 janvier 2011

Le nom des gens - My Review


Synopsis (AlloCiné) : Bahia Benmahmoud (Sara Forestier), jeune femme extravertie, se fait une haute idée de l'engagement politique puisqu'elle n'hésite pas à coucher avec ses ennemis pour les convertir à sa cause - ce qui peut faire beaucoup de monde vu qu'en gros, tous les gens de droite sont concernés. En règle générale, elle obtient de bons résultats. Jusqu'au jour où elle rencontre Arthur Martin (Jacques Gamblin), comme celui des cuisines, quadragénaire discret, adepte du risque zéro. Elle se dit qu'avec un nom pareil, il est forcément un peu facho. Mais les noms sont fourbes et les apparences trompeuses...


Je sais toujours bien donné des conseils plus ou moins avertis ici ou dans mon entourage en ce qui concerne le cinéma ou les séries, mais pour une fois c'est moi la disciple qui a suivie l'avis de ma sœur en allant voir Le nom des gens.
Qualifier le film de Michel Leclerc est loin d'être une tâche aisée. Je dirais que c'est une comédie politico-romantique, (définitivement) burlesque mais parsemé de mini-drames.
Le burlesque incombe en grande partie au personnage de Miss Forestier qui n'y va franchement pas avec le dos de la cuillère. Son côté "brouillonne" nous donne le droit, entre autre, à une scène d'anthologie où elle descend dans la rue en omettant de porter un quelconque vêtement.Doc Martens® roses mise à part. Moi qui porte habituellement peu de vêtements en toute saison, je suis battue à plate couture par cette demoiselle sponsor officiel des ensembles short+Doc Martens®+mini haut avec vue sur le nombril ou encore du pull/t-shirt façon robe. Je m'incline.


En face Arthur Martin totalement déconcerté par cette beauté sauvage aux us et coutumes peu ordinaires est à l'image du spectateur, un peu sonné à première vue, mais retrouve vite ses esprits pour bientôt vibrer au diapason avec la belle arabe. Autant elle est inclassable, autant lui,de prime abord, est ennuyeux à mourir. À commencer par son travail qui consiste à faire des nécropsies (autopsie animale) sur batraciens divers et variés, suite au principe de précaution en vigueur en pleine période de grippe aviaire. Et pourtant ce Jospiniste en puissance a plus d'un tour dans sa manche, notamment avec les secrets des origines de sa mère, de son nom de jeune fille Cohen (des réminiscences de the OC me reviennent au passage).


Tous ces ingrédients nous donnent une histoire d'amour sous fond politique, entre une algérienne blanche et un juif du nom de Martin. Tout un programme ou comment montrer tout la diversité de notre société et les difficultés que ces "minorités" ont pour pleinement exister dans notre société franco-chrétienne à majorité blanche. En fait, Le nom des gens est un film en phase avec son temps qui se sert de la comédie pour pointer subtilement, à grand renfort d'humour, là où ça fait mal.
Je mettrais également en avant le système de narration, surtout au début pour présenter les deux personnages principaux et leur famille sous forme de flash-back où leur moi actuel interagi avec la jeune version d'eux-même. Excellemment brillant. J'adore toujours quand le héros communique directement avec le spectateur, face caméra. Si j'étais réalisatrice, c'est comme ça que je commencerais mon film.
Enfin, les confrontations avec les parents, principalement ceux d'Arthur sont toujours désopilantes. Leur soucis d'être toujours à la pointe de la technologie, avec ce don pour choisir d'investir dans le truc qui ne marchera jamais, est très drôle. Bahia arrive avec ses grands sabots, donnant un grand coup de pied dans la fourmilière. La scène du repas où elle enchaîne boulette verbale sur boulette verbale est génialissime.


Je salurais enfin le talent des acteurs : Sarah Forrestier est irrévérencieuse sans aucune limite et c'est absolument rafraîchissant. Alors qu'il se dégage de Jacques Gamblin cette sorte de force tranquille et de charme inexplicable qui me rappel pourquoi j'aimais déjà cet acteur.
Ensemble, leurs personnages forment un couple bien plus assorti qu'il n'y parait. Ils se complètent à merveille et donnent le meilleur l'un à l'autre. L'une offre Jospin, l'autre la possibilité au beau-père de peindre. Ils forment un puzzle unique. Et on sort de la salle en espérant nous aussi pouvoir trouver notre Arthur ou notre Bahia qui sera, au choix, nous tempérer ou apporter du piment à notre vie.




3 commentaires:

cécile a dit…

excellent ce film je suis contente que tu es aimé.
On dira merci à mon copain, c'est lui à la base qui voulait le voir!

DookieCow a dit…

AH je me disais aussi... lol Plein de bon sens et d'idées ce cher Aurélien. :)
C'est bien, ça m'a permis de parler d'un film français pour une fois. La semaine dernière, le jour de mon anniv, j'ai vue "À bout portant" mais je n'ai pas adoré. C'était pas mal mais ça ne vaut pas la trilogie "Jason Bourne" avec Matt Damon. Cela dit c'était sympa de voir des endroits où j'étais déjà allé, notamment les couloirs du métro parisien. Contrairement aux films ricains.
Sinon pour en revenir à "Le nom des gens", c'est très drôle et surtout rafraîchissant, justement comparé aux trucs américains. Le couple va beaucoup plus loin dans le témoignage d'affection, sans être vulgaire. Et puis la nana qui est en phase avec son corps, enfin presque si on considère le sévisse dans l'enfance.

DookieCow a dit…

Et sinon que penses-tu de mon TOP 2010 ? Quel serait le tien ?